| Toumba Diakité, criminel cherche désespérement un tribunal Toumba Diakité, criminel cherche désespérement un tribunal | |
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(M. Adama Laafa Sow Juriste)
Article publié par Ibrahima Sory Makanera le 7 février 2010 à 11h21
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Toumba Diakité, criminel cherche désespérement un
tribunal
L'inadmissibilité d'une culpabilité fondée sur des aveux par voie de presse Sur un plan strictement juridique, Toumba est-il
coupable de quelque chose? Commettre un crime ne fait pas de l'auteur un
criminel de même que l'innocence n'empêche l'innocent d'être coupable. La
culpabilité et l'innocence s'établissent par "le constat" de la
justice. Un innocent que la justice tient pour coupable en devient un (on parle
d'erreur judiciaire si elle est découverte plus tard sinon la culpabilité
demeure avec tous ses effets) et un coupable reste non coupable tant que sa
culpabilité n'a pas été établie: il peut rester "présumé coupable". Dans les condition de stricte rigueur juridique, Toumba n'est actuellement qu'un citoyen comme tout le
monde. Qu'il soit recherché par toute une armée n'y change rien. L'armée a
préféré user de la force et a négligé le droit. En effet, aucune plainte ne
vise Toumba devant la justice guinéenne et
internationale. D'après nos informations, il n'a même pas été convoqué régulièremment par les agents de l'autorité judiciaire. On
ne peut même pas parler de délit de fuite ou de refus de répondre à une
convocation. Des militaires sont envoyés partout pour le traquer, sans aucune
convocation, sans mandat: l'ordre est de le liquider et non de le juger. Quant à la cour pénale internationale, elle n'est pas saisie officiellement
de son cas. Il s'ensuit que Toumba n'est recherché
par aucune justice. Les accusations faites par les commissions d'enquête
nationale et internationale, aussi sevères
soient-elles, n'en font ni un coupable, ni une personne recherchée: une
commission d'enquête n'est pas la justice, seule habilitée à prononcer des
condamnations. Les aveux de Toumba sur la tentative
d'assassinat de Dadis n'ont pas de portée juridique:
une personne ne peut pas s'autojuger, établir sa
propre culpabilité et prononcer sa propre sentence! Toumba
ne fait donc pas très malin de se comporter comme un coupable et il se crèè des problèmes qui n'existent pas du tout. On peut
pousser la logique plus loin en demandant à la justice guinéenne de condamner
tout militaire qui chercherait à nuire à un citoyen que la justice ne recherche
nullement. De même les parents des amis de Toumba qui
ont été tués, arrêtés et maltraités doivent porter plainte contre les auteurs
de ces massacres extrajudiciaires. Comme l'a dit Doura Chérif, il faut qu'on
commence à appliquer le droit dans ce pays. Ces remarques doivent inciter Toumba a consulter des juristes
prochainement avant de se charger inutulement d'une
culpabilité inexitante juridiquement. II- L'inconséquence d'une demande de grâce présidentielle en l'absence
d'une condamnation judiciaire. Plus troublante encore reste la demande de grâce présidentielle adressée
par Toumba par voie de presse- normalement il y a des
contraintes procédurales pour une telle demande- adressée au président par
intérim. Cette demande est illogique et absurde. D'abord,elle est
illogique puisqu' une grâce présidentielle ne se conçoit que pour une personne
condamnée par la justice. La grâce présidentielle est une mesure de clémence
pour soustraire un condamné à une l'application d'une peine qu'il doit subir,
ou d'atténuer les effets de celle-ci, ou encore de transformer cette peine en
une peine moins dure. Mieux, une telle demande ne peut concerner qu'une condamnation
définitive-après épuisement de tous les moyens de récours-
et exécutoire. La grâce présidentielle, si elle est accordée
, n'a pas pour effet d'absoudre le coupable de ses crimes: il reste
coupable et il en est fait mention dans son casier judiciaire, simplement il
n'exécute pas la peine telle que prononcée initialement. Dans ces
conditions on comprend mal la cominaison d'une ligne
de defense fondée sur la non culbabilité due à la causalité des ordres réçus de sa hiérarchie et d'une demande de grâce qui se
conçoit uniquement dans le cadre d'une culpabilité judiciairement
établie. L'attitude Toumba aurait été plus ( pas toalemnt) compréhensible
s'il avait demandé une amistie, laquelle a pour effet
d'effacer toute culpabilité.
III-Le non-sens d'une comparution devant la cour pénale internationale non
saisie de son cas. Alors que les accusés de crimes ont souvent pour reflexe de fuir les
juridictions internationales, notre Toumba national
s'invite spontanément devant la CPI. Cette disponibilité du présumé coupable de
crimes contre l'humanité risque pourtant de rester sans effet. Comme dit plus
avant, Toumba n'est recherché par aucune justice du
monde, ni interne, ni internationale. Aucune plainte ne le vise. En temps normal
,en raison du principe de complémentarité qui régit la CPI, l'inaction de la
justice guinéenne- les gesticulations de l'armée pour traquer Toumba ne constituant pas des actes de la procédure
judiciaires sont donc exclues des actes pris en compte pour apprécier la
volonté de l'Etat- aurait pu permettre de fonder la juridiction de la CPI
laquelle ne peut se subsituer à l'Etat
prioritairement compétent, la Guinée, que si celui-ci ne veut ou ne peut pas
juger les accusés. Or, nous sommes devant une situation incroyable où l'accusé
avoue ses crimes et se dit prêt à repondre devant la
CPI, laquelle ne peut agir faute d'avoir été saisie valablement. Il faut
savoir, en effet, que seuls la Guinée et le conseil de sécurité peuvent saisir
la CPI du cas des crimes contre l'humanité commis en Guinée. On sait que la
Guinée ne le fera pas vu que les coupables présumés tiennent l'Etat en otage;
quant au conseil de sécurité son action est improbable car un Etat
"ami" de la junte comme la Chine, peut toujours user de son droit de
veto individuel pour rejeter toute résolution tendant à inquiter
les membres d'une junte si prompt à "accorder" de gros contrats. Il
reste l'autosaisine par le procureur de la CPI, sur
la base d'informations fournies par la commission d'enquête internationale, des
ONG et autres acteurs. Ces derniers acteurs ne peuvent pas saisir la cour du
cas d'un pays, tout juste peuvent-ils attirer l'attention du procureur si une
situation qui semble constituer des infractions entrant dans la cadre de
juridiction de la CPI est constatée. Cependant, le procureur reste libre
d'engager ou non les poursuites, en tenant compte de la gravité des faits, de
la volonté de l'Etat concerné ou de son pouvoir de juger lui-même les
coupables. A moins que les "visites" parfois nocturnes rendues par Cécé Loua, notre ministres des affaires étrangères, aient
eu pour effet de "refroidir" un peu l'ardeur du procureur pour le cas
des présumés criminels guinéens.
Adama Laafa
SOW, Enarque, Juriste, Administrateur de www.guineenet.org |
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