| L’Union Africaine (U.A) et les nécessaires réformes! L’Union Africaine (U.A) et les nécessaires réformes! | |
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Aboubacar Fofana
Président du Club DLG
(Demain La Guinée).
Article publié par Ibrahima Sory Makanera le 8 février 2010 à 4h23
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L'Union Africaine (U.A) et les nécessaires réformes! L'Union
Africaine (U.A.) lors de sa dernière
session à Adis Abeba a procédé au renouvellement du poste de président de
l'institution. C'est le Président lybien, Mouanmar Khadafi, qui assurait cette charge depuis un an
maintenant. Son élection à ce poste avait soulevé pas mal de réticences vu le
passé tumultueux du personnage. D'aucuns avait alors émis l'idée de la suppression
d'une règle, non écrite, de présidence tournante qui régit l'organisation depuis
la création de l'O.U.A. (Organisation de l'Unité Africaine) en 1963. D'autres militaient pour le maintien de cette
disposition quitte à avoir des présidents qui rendront l'institution moins
visible et présente. Bien que n'ayant pas beaucoup de sympathie pour
Monsieur Kadafi et redoutant ce qui pourrait se passer durant son mandat, j'ai
pensé qu'il fallait lui laisser la chance sinon de faire amende honorable mais
tout au moins de montrer sa capacité à rassembler et faire progresser l'UA. Le président sortant a voulu rempiler pour un second
mandat estimant, comme Monsieur Mamadou
Tandja au Niger, qu'il n'a pas eu assez de temps pour mener à bien son
mandat. Encore que ce dernier peut se targuer d'avoir un bilan économique
positif à la tête de son pays. Mr. Kadafi avait un credo qui était de faire avancer la
cause du projet des Etats unis d'Afrique. A l'heure du bilan, que retenir de son exercice ? Mr. Kadafi s'est autoproclamé « roi des rois
d'Afrique » avec une cour constituée de chefs coutumiers Africains. Il a
mis en branle sa diplomatie au service de son image personnelle alors que
l'Afrique traversait l'une des plus grandes crises que le monde ait connue
depuis 1929. Pour ce qui est du combat pour les avancées
démocratiques sur le continent et contre les moyens d'accès non
constitutionnels au pouvoir suprême, le Président de l'UA n'aura pas milité
pour cette cause. En effet en Mauritanie,
appelé pour faire une médiation entre le Général
Ould Abdoul Aziz, et les forces opposées au coup d'Etat, il a pris fait et
cause pour ce dernier qui a fini par se faire élire comme prévu et a retrouvé
le concert des nations respectables. Au Niger,
l'on a assisté au même scénario en cautionnant les manipulations
constitutionnelles opérées par Mr Mamadou
Tandja pour tout d'abord, prolonger son mandat de trois ans, ensuite pour
faire sauter le verrou de la limitation du nombre de mandat. Dans le conflit
malgache, le président en exercice de l'UA était considéré comme l'un des
meilleurs soutiens de Mr Rajoelina
et par conséquent contre une sortie de crise honorable telle que préconisée par
les pays membres de l'organisation soue régionale, la SAEDEC. Dans les soubresauts politiques ayant secoué la Guinée depuis le coup d'Etat du 23
décembre 2008 suivi des massacres du 28
septembre 2009 au stade du même nom et la médiation africaine assurée par
le Président Blaise Compaoré du
Burkina Faso, Mr Kadafi s'est proposé comme médiateur alors même qu'une
première était en cours, avant de condamner les sanctions internationales,
contre la junte et les membres du gouvernement, comme une immixtion dans les
affaires intérieures de ce pays. Les forces vives guinéennes (opposition) heureusement ne
se sont pas laissées prendre au piège. Comme vous pouvez le constater, Mr Kadafi a été de tous
les combats contre les avancées démocratiques sur le continent durant son
mandat. Pouvait-il en être autrement de la part de quelqu'un
qui a accédé au pouvoir par un coup d'Etat en 1969 et qui depuis lors s'y
maintient et qui a une sainte horreur de la démocratie et de l'une de ses
manifestations qui est l'alternance au
pouvoir ? Les Présidents africains, ses pairs, ont non seulement
résisté aux sirènes lybiennes, malgré les mesures financières agitées, mais
aussi ont maintenu le principe de la rotation de la présidence, le tour
revenant à un pays membre de la saedec. C'est ainsi que le Président du Malawi, Mr. Bingu Wa
Mutarika, a été choisi per ses pairs comme nouveau président en exercice de
l'UA. C'est le premier magistrat de l'un des pays africains
les plus en pointe dans le processus démocratique sur le continent et qui ne
fait pas trop de vague et pour lequel la bonne gouvernance n'est pas qu'un vain
mot. Aussitôt élu, il a annoncé que durant son mandat, il ferait
de la lutte contre les fossoyeurs de la
démocratie et de l'autosuffisance
alimentaire son cheval de bataille. Pour ce qui est de la transgression des normes il faut
constater une dissonance entre celle de la CEDEAO et celle de l'UA. En effet
l'Union Africaine permet une modification constitutionnelle, six mois avant une
élection, alors que la Commission économique des Etats de l'Afrique de l'ouest
ne le tolère pas. En nous projetant dans le futur, et pour éviter que des
blocages ne puissent se reproduire dans le fonctionnement de l'UA, une réforme
du mode d'accès à la présidence doit être adoptée. En effet, pour ne pas que l'union puisse être présidée
par une personne susceptible de porter ombrage à ses idéaux et du simple fait
de la rotation, cette règle devrait être supprimée. Le président de l'UA devrait être désigné par ses
pairs, lors d'une élection transparente, pour porter le flambeau de
l'organisation continentale. Cela donnerait de la crédibilité, lisibilité et
visibilité à ses actions. Aboubacar Fofana Président du Club DLG (Demain La Guinée). Email : aboufof2@yahoo.fr Blog : www.prospectives.over-blog.net Paris le 7 février 2010. |
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