| Début de solutions à quelques difficultés de notre démocratie naissante Début de solutions à quelques difficultés de notre démocratie naissante | |
|
|
|
Article publié par le 24 janvier 2012 à 12h22
|
|
|
Début de solutions à quelques difficultés de notre démocratie naissante Le Recensement de la
population en âge de
voter, obligation civique ; la Planification,
dispositif selon les normes du code électoral, permettant aux citoyens
d'accéder librement aux urnes ; le Financement de la vie politique ; la
Commission électorale, instrument de tricherie « par la bonne
conscience » ; la Cour suprême ou la Cour constitutionnelle, validation
des résultats électoraux. Tels sont
les défis qui nous interpellent en Guinée, qu'il faut absolument relever. Mais
parlons d'abord du financement de la vie politique en
Guinée. La démocratie ne se décrète pas, mais
exige plutôt une certaine maturité civique et politique. Les partis politiques
et les candidats aux différentes élections doivent faire face à de nombreuses
dépenses : à savoir le financement des campagnes et celui des partis
politiques. Ces dépenses posent des inquiétudes profondes. De quoi
s'agit-il ? Il s'agit de savoir
ou de faire savoir le mécanisme actuel du financement des partis politiques en
Guinée. A l'exception des leaders politiques,
confrontés à la gestion financière de leurs partis, ces inquiétudes semblent ne
pas encore préoccuper beaucoup de monde en Guinée. On feint d'ignorer la source
des revenus de nos leaders politiques. On va même jusqu'à croire que les
ressources financières de nos leaders sont énormes et inépuisables. Lui-même en
a fait un mystère, une affaire personnelle. Ce qui est une erreur de part et
d'autre. La question du mécanisme de
financement des partis politiques et de leurs principales sources de revenus
reste taboue dans notre pays. Ni les dirigeants, ni les responsables
politiques, ni la société civile ne se la posent. Au contraire, nous sommes
souvent heureux de voir les leaders riches à la tête des partis politiques, de les
voir utiliser leurs économies personnelles pour faire plaisir aux uns et autres,
séduire les militants. D'où la tendance de s'approprier des partis qu'ont nos
leaders et de celle de les gérer comme s'il s'agissait d'entreprises familiales,
avec la quête perpétuelle d'enrichissement personnelle. Nous sommes
responsables en grande partie de cette dérive. Car quand un leader est presque
condamné à financer seul le parti qu'il dirige, il y a risque qu'il en devienne
le responsable exclusif de son fonctionnement et des décisions à prendre. De plus en plus, un leader n'est même
plus considéré en Guinée pour sa moralité ou le projet de société de son parti.
En effet, les citoyens n'ont d'égard pour lui que parce qu'il dispose d'une
capacité financière de renflouer la caisse de son parti et de distribuer des
billets de banque. La pauvreté n'explique pas à elle seule une telle attitude :
notre société traîne une absence de culture politique. Nous donnons ainsi à nos leaders les
outils d'exercer la dictature, de devenir leurs sujets, sous leurs ordres. Nous
devons en finir avec cet état de fait en participant au financement de nos
partis politiques, sans trop attendre exclusivement de nos chefs des partis. Il
est du devoir personnel de chaque militant de financer son parti politique. C'est
ce qui lui donne en partie le droit de s'exprimer librement et de participer au
choix des décisions. Abandonner la gestion du parti à son
leader est un fait anti-démocratique ; c'est une arnaque politique, source
de conflits interminables qui entravent le développement politique normal et
démocratique du parti. C'est en procédant autrement, en participant à la
gestion du parti en tant que militant averti et responsable, qu'on parviendra à
la culture politique qui fait encore largement défaut en Guinée. En s'inspirant des dernières élections
présidentielles en Guinée et des sommes colossales dépensées, on s'aperçoit que
les militants des différents partis politiques ignorent la source de l'argent
qui avait circulé pendant cette période ; ils ne savent pas comment sont
financées les campagnes électorales. Or nombreux sont des gens aisés qui ont
créé à l'occasion un parti politique, persona s'estimant non gratta, pour se
mettre à l'abri des poursuites éventuelles résultant des audits. Ils s'étaient
tous portés candidats aux élections présidentielles par leur formation
politique en finançant eux-mêmes leur propre campagne. Hélas nous ne nous sommes jamais posé
la question de savoir d'où proviennent ces financements. Cette lacune favorise
certaines dérives auxquelles le peuple de Guinée doit se pencher pour un avenir
politique plus sain. De par notre Constitution et notre Code électoral, les candidats
doivent demander la confiance du peuple de Guinée avec de l'argent propre ou
une source de financement propre. C'est pourquoi nous mettrons toute notre
énergie dans le combat du contrôle du financement des partis politiques, de la
campagne des élections locales et nationales. Ainsi que nous invitons le
gouvernement et les leaders des partis politiques à réfléchir sur la création d'une commission nationale
indépendante de contrôle de la vie politique en Guinée. Cela permettra aux
militants de savoir jusqu'à quelle hauteur ils participent au financement du
parti et au citoyen guinéen, en toute lucidité, de choisir son candidat en
fonction d'un projet de société. C'est
une solution pour lutter contre tout financement occulte ou impropre ; la
subvention de l'Etat aux partis politiques sera plus adéquate, impersonnelle,
transparente et conséquente. Nous avons intellectuellement faim
avec la démission de notre élite nationale. L'arrivée accidentelle en politique
de certains fils et filles du pays, sans préparation aucune, pour embrasser la
chose politique, avec le désir de réussir tout de suite, n'est pas fait pour
arranger les choses. Nous ne devons pas attendre qu'ils apprennent à devenir des
politiciens sur tous les points. Tout cela vu dans sa globalité, concrètement,
nous sommes juridiquement, culturellement et politiquement sous-informés sur
notre propre Constitution par l'inactivité productive des formations politiques
et sur la non transparence des actions de l'Etat. La démocratie se porterait mieux dans
notre pays si l'Etat, en solidarité fonctionnelle avec la classe politique, la
société civile et l'élite de la nation, organisait les différentes élections
présidentielles dans la plus grande transparence
et les finançait, si possible. Nous préviendrions ainsi les crises
postélectorales, qui sont des calamités dévastatrices de notre société, à cause
de la mauvaise organisation des élections, accentuées par la pluralité
ethnique, qui nous oppose cruellement et retardent notre développement
économique, politique, culturel et social. Par conséquent, l'Etat doit veiller
à la régularité des élections et au financement propre des partis politiques,
garants du choix libre du peuple de Guinée. Dans le souci de se faire comprendre, nous faisons ces propositions
suivantes : Si la reconnaissance légale d'un statut
juridique aux partis politiques de concourir à l'expression du suffrage
universel, avec égal accès des femmes et des hommes aux fonctions électives,
est une réalité démocratique dans notre pays, par contre les conditions de
transparence restent inexistantes ou illisibles : - Les ressources des partis politiques
et des candidats aux différentes élections doivent être entourées d'un certain
nombre de garanties de transparence, de manière à éviter les financements
occultes et les pressions des puissances financières sur les futurs élus.
Dans cette optique, les pouvoirs publics, par la commission de contrôle,
doivent décider de couper le cordon ombilical entre l'argent malpropre et les
caisses des partis politiques, en interdisant définitivement aux personnes
morales, quelles qu'elles soient à l'exception de l'Etat, de prendre part au
financement de la vie politique. Les dépenses électorales doivent être
plafonnées, autant pour éviter l'escalade et la surenchère médiatique que pour
assurer plus d'égalité entre les candidats, indépendamment
de leur fortune personnelle. Nous ne sommes pas
sans savoir que les cotisations des
militants, sympathisants ou membres d'honneurs sont très modestes, la
subvention de l'Etat aux partis
politiques et de prise en charge des dépenses de campagne permettront la
stabilité, le bon fonctionnement des partis, la démocratie et la liberté
d'expression en leur sein. En contrepartie, les partis doivent
respecter ces principes législatifs en vigueur. les
manquements à cette législation doivent exposer leurs auteurs à une panoplie de
sanctions très dissuasives (sanctions pénales, sanctions financières et, surtout,
des peines d'inéligibilité qui ont pour effet d'écarter temporairement de la
vie politique ceux qui prennent le risque de la fraude). Le patrimoine des élus doit être
contrôlé en début et en fin de mandat, de manière à s'assurer qu'ils n'ont pas
profité de leurs fonctions pour s'enrichir indûment. Ce contrôle est assuré par
la même commission qui doit garantir la transparence financière de la vie
politique en Guinée. - Une loi relative au
financement de la vie politique ; - Une loi relative à la limitation des dépenses
électorales et à la clarification du financement des activités
politiques ; - Une loi relative à la
déclaration du patrimoine des élus, du Président de la République, des membres
du Gouvernement et des fonctionnaires titulaires de certaines fonctions. -Une loi relative à la
prévention de la corruption et à la transparence de la vie juridique et des
procédures. Boh
Lanciné KEITA +33(06)29351300 Boh489@yahoo.fr |
|
| Imprimer Envoyer à un ami | |
Suspension des commentaires La rédaction du Guépard respecte la pluralité des opinions, et autorise toute critique.Cependant, elle se réservait le droit de supprimer tout commentaire comportant des injures. Mais devant la recrudescence de ce type de réaction, les commentaires seront suspendus jusqu'à la résolution de ce problème. Merci de votre compréhension. | |