A propos des bus « Kouyaté » A propos des bus « Kouyaté »
Les vraies fausses allégations du ministre de la Coopération.
Article publié par le 25 janvier 2012 à 12h20

A propos des bus « Kouyaté »

 

 

Les vraies fausses allégations du ministre de la Coopération

 

 

Jusque là, Koutoubou Sanoh trainait (ou presque) l'auréole du ministre de la Coopération qu'il est censé être pour la République. Mais sa récente sortie à travers une déclaration aussi malencontreuse que mal avisée a fini par jeter une certaine ombre sur sa personnalité. De quoi s'agit-il précisément ?

On ne sait pas quelle mouche l'a bien piqué pour l'amener à faire une sortie peu diplomatique et non dénuée de son caractère ridicule. Pour tirer quelque gloriole avec le don de cent bus généreusement offerts par la Chine, il ne s'est pas gêné de jeter l'opprobre sur la coopération avec l'Inde.

Par cet acte, notre ministre de la Coopération s'est évertué à affirmer que les cent autobus made in India acquis par le gouvernement de consensus ne seraient pas neufs. Et qui plus est, le gouvernement de l'Inde n'aurait pas encaissé le prix de ces véhicules (sic). Ceci relève soit de la mauvaise foi ou de l'incompétence.

Des allégations aussi graves qu'infondées qui ne sont pas de nature à préserver l'image de notre pays vis-à vis de la coopération indienne et qui ne sont surtout pas à l'honneur de l'auteur.

Pour rétablir la réalité des faits et illuminer la gouverne de M. Sanoh et certainement lui rafraichir la mémoire, souligner avec force qu'en son temps, le gouvernement Kouyaté avait réussi un tour de force à nul autre égal. Pour le cas précis du secteur des transports, il avait négocié et acquis le soutien de trois institutions financières (banque d'investissement et de développement de la CEDEAO, City Bank de Londres, Exim Bank de New Delhi) à hauteur de 30 millions de dollars US.

Pour la piqure de rappel, plus de 20 millions de dollars seront alloués au secteur de l'énergie à travers l'électrification des capitales régionales et 8, 5 millions affectés à l'achat des bus en question. Il est à noter que c'est en raison du fait que cette dernière enveloppe provenait d'une ligne de crédit d'Exim Bank New Delhi que la transaction devait tout naturellement s'opérer avec Ashok Leyland, une société anglo indienne.

En raison des urgences suscitées par la forte attente du transport public, le gouvernement a même cru devoir bousculer la société fabricante, sous le contrôle de la SGS (Suisse), pour activer la livraison de véhicules. Alors qu'il était prévu une livraison en deux phases, le gouvernement indien s'est aussi mis dans la danse pour amener Ashok Leyland à raccourcir les délais. Ce qui fut fait et l'on se souvient de l'accueil délirant qui a été fait à ces véhicules flambants neufs à Conakry. Pour prouver la maîtrise de l'opération, deux dates historiques : le 28 septembre 2007, signature de l'accord de prêt et le 02 octobre, signature du contrat avec le fournisseur. Aussi, la société Ashok Leyland se proposait d'installer une chaine de montage de ses autobus à Conakry.

Comme on était au pays des occasions manquées, ne demandez surtout pas la réponse qui a été faite. Toujours est-il que l'exploitation de ce nouveau parc roulant a été tributaire de graves manquements en matière de maintenance. Ce que du reste, la mission d'audit a incontestablement mis en lumière et dont notre ministre de la Coopération devrait aussi prendre acte.

Et puis, s'agissant de remboursement de la dette, il s'emmêle littéralement les pinceaux en avisant qu'elle a été contractée auprès du gouvernement de l'Inde alors que c'est de la BIDC qu'il s'agit. En l'espèce, il aurait été mieux inspiré de se référer à l'administrateur local de la BIDC qui n'est autre qu'un haut cadre de son Département.

A la fin, il est tout aussi sidérant de relever la mauvaise foi avec laquelle il tente de décrédibiliser le fournisseur qui aurait selon lui des complices locaux dans la livraison du matériel prétendument d'occasion. Au-delà du banal discrédit, ces allégations seraient passibles de poursuites judiciaires en ceci qu'elles charrient en flot d'évidents risques commerciaux à travers une perte de crédibilité pour l'entreprise et le gouvernement de l'époque.

Pour l'heure, on ne sait pas dans quelle mesure cette malheureuse sortie du ministre de la Coopération a été appréhendée du côté du gouvernement indien, mais il est évident qu'elle est tout sauf encourageante.

 

 

 

 

Amadou Diallo  correspondant du site « leguepard.net »  en Guinée

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