ET LA TRAGÉDIE CONTINUE INVARIABLEMENT SOUS LA FÉRULE DES NOUVELLES FRIPOUILLES DE LA RÉPUBLIQUE !

AIMÉ CÉSAIRE, dans sa vision éclairée des réalités postcoloniales, affirmait que : « Les pays coloniaux conquièrent l’indépendance, là est l’épopée. L’indépendance conquise, ici commence la tragédie. » Cette citation résonne particulièrement avec l’histoire de notre pays qui, après son indépendance arrachée en 1958 traverse des décennies d’instabilité politico-économique et sociale, marquant ainsi un passage de l’euphorie de la souveraineté nationale à une réalité tragique. Car, notre pays n’a connu que des systèmes politiques, allant de la dictature autoritaire à des expériences démocratiques partielles, en passant par des régimes militaires. Chaque régime s’est distingué par son approche des droits de l’homme, souvent marquée par des violations graves.
Quand on s'interroge sur la route suivie, on jette de temps à autre un regard dans le rétroviseur pour y trouver ses repères. Il ne serait pas inutile de passer en revue très succinctement la terrible et longue tragédie de notre pays dont le dernier acte ne cesse de nous révéler des surprises.
De 1958 à 1984 : À peine sorti de la nuit coloniale, les Guinéens qui désiraient vivre libre et digne, sont happés par la bourrasque d’une tyrannie sanguinaire, sous le joug de Sékou Touré et son P.D.G qui les assujetti à un pouvoir sans limite et sans décence. Car, très rapidement métamorphosé en une dictature autoritaire et sanglante ponctuée d’une politique de répression sans commune mesure.
Ce fut le temps des années de plomb qui donna lieu à des exécutions extrajudiciaires, des tortures, des pendaisons publiques et des procès inéquitables, des exactions par une de milice populaire, mises en détention au secret et, des repressions énormes tous azimuts des mouvements sociaux.
Des milliers d’opposants politiques ou supposés furent arrêtés, torturés ou exécutés dans des camps de la mort dont le tristement célèbre Camp Boiro était le symbole.
Malgré des ressources naturelles abondantes, le pays sombra dans une pauvreté croissante, aggravée par des politiques mal conçues. À sa mort en 1984 il laissa un pays ruiné, moyenâgeux peuplé d’individus hagards qui avaient perdu tout esprit d’initiative et de nombreuses fosses communes où sont ensevelies les pères fondateurs de la Guinée indépendante.
De 1984 à 2008 : Ce fut l’ère du régime militaire de Lansana Conté arrivé au pouvoir par un coup d’État sans effusion de sang sous la bannière du C.M.R.N (Comité Militaire Du Redressement National) Il se présenta à nous en sauveur. On applaudissait même ses vulgarités. Il gouverna le Pays sans concertation, sans partage et sans contestations. Pendant ce long état de grâce, il amassa une fortune colossale nécessaire à son maintien au pouvoir et, laissa se proliférer une mafia de profiteurs qui lui étaient dévoués corps et âme.
Cet autre régime de fer fut lui aussi marqué par une corruption endémique et, une gestion catastrophique de l’économie, sur fond de massacres. Les évènements de janvier et février 2007 en témoignent éloquemment par son bilan macabre 137 morts et 1667 blessés. Malgré une ouverture au multipartisme en 1990, les élections furent marquées par des fraudes et des violences.
À sa mort, il laissa un pays exsangue, mafieux, devenu la plaque tournante du trafic de drogue en Afrique de l'Ouest. Notre erreur fut de ne pas exiger du régime des colonels de soumettre au jugement de la Nation les complices du PDG : ses ministres, ses hauts fonctionnaires, ses policiers, ses tortionnaires. Certains des hommes au pouvoir qui, avaient servi le PDG craignaient-ils la vérité qui allait sortir d'un tel procès ? LA REPONSE EST OUI.
Le 23 décembre 2008 les héritiers testamentaires de Lansana Conté, sous la bannière du C.N.D.D (Conseil National pour La Démocratie et le Développement) de MOUSSA DADIS CAMARA et son acolyte le Général d’opérette Sékouba Konaté qui n'ont évolué que dans une atmosphère puante de drogue, d'alcool et, de sexe s'emparent du pouvoir et nous promettent monts et merveilles.
Mais cet autre conglomérat d’incultes miné par des divisions internes vira très vite au règlement de compte qui atteignit son paroxysme par la tentative d’assassinat contre DADIS au camp Koundara, par suite des massacres et viols du 28 septembre 2009 au stade du même nom, qualifiés par l’ONU de crimes contre l’humanité par son lourd bilan 150 personnes tuées par des militaires,1400 blessés et, des centaines de femmes violées. Cependant, le nombre exact de victimes est inconnu.
De 2010 à 2021 ce fut le temps du dinosaure politique guinéen, un leader historique, sans aucune historicité répondant au nom de Alpha Condé avec son R.P.G (Rassemblement du Peuple de Guinée) plus diviseur que rassembleur, qui se targuait être le premier président dit Démocratiquement élu, dont les mandats furent entachés de controverses et, de Promesses non tenues tant sur le plan politique qu’économique. Le tout couronné par un tripatouillage constitutionnel en vue de s’octroyer un 3è mandat synonyme de pouvoir à vie provoquant des manifestations violemment réprimées par ses sbires.
Comme il fallait s’y attendre, pris dans le piège de ses propres turpitudes, il fut débarqué et humilié par celui-là même qu’il avait recruté et surarmé pour le protéger. Comme quoi on n’est jamais trahi que par ce qu’il y a de plus perfide en nous.
Depuis le 5 septembre 2021, les Guinéens à peine extirpés des serres sanglantes d’un guignol leader historique, sont happés par la bourrasque mortifère d’une autre tyrannie fatale sous le carcan d’un grotesque légionnaire ressemblant en tous points à TONTON HANNIBAL-DELOY BWAKZMABÉ NA SAKADÉ, le personnage clownesque dans LE PLEURER-RIRE du BEST-SELLER D’HENRI LOPÈS, dans lequel , un soldat bouffon qui à la suite d’un coup d’État militaire, devient Président de la République et, exerce un pouvoir sans limite et, sans décence faite d’une politique de corruption, et de répressions donnant lieu à des disparitions forcées, des kidnappings et des embastillements dans des prisons secrètes.
Et, la tragédie continue inexorablement avec cette nouvelle clique de braqueurs mytho-mégalomane baptisée C.N.R.D (Conseil National pour la Refondation et le Développement) sous la houlette du burlesque CAPORAL-CHEF de la légion étrangère française déjà autopromu Général de corps d’armée, qui s’était présenté à nous en sauveur par une transition pour la refondation de l’ÉTAT ANACHRONIQUE FONDÉ PAR SON PARRAIN.
Mais l’espoir d’une vie meilleure pour les Guinéens et leurs descendants fut de très courte durée. Car, ils se rendent très vite compte que le caporal-chef légionnaire n’est qu’un imposteur, une véritable incarnation des maux qu’il prétend combattre. Et pour cause, toutes ses promesses se sont très vite diluées dans les mêmes pratiques dénoncées auparavant, à savoir, une justice aux ordres, les retards dans l’organisation des élections, l’opacité sur la gestion des affaires publiques, et la militarisation croissante de l’espace politique qui rappellent les épisodes précédents. Cette autre gouvernance cafouilleuse et prédatrice s’apparente davantage à une consolidation de son pouvoir qu’à une véritable transition.
Depuis, le C.N.R.D règne en maitre absolu sur un pays dont il perpétue la descente aux enfers. Ses racines comme celles du P.D.G dont il se targue d’être l’héritier baignent dans le mensonge, la fourberie, la terreur et la violence. Pas de surprise en cela c’est leur culture.
Dans cette Guinée d’une invraisemblable cruauté ou il n’y a toujours eu que prédateurs et proies, on peut affirmer sans risque de se tromper que LA REFONDATION promise par la force des KALACHNIKOV a viré au cauchemar pour les Guinéens qui ne savent plus à quel saint se vouer. À tel point que La JUSTICE qui devrait servir de boussole est elle-même déboussolée.
Force est de reconnaitre que nous n'avons pas été vigilants. Pourtant, notre vécu, la vie, Machiavel, Freud nous y invitaient. Nous aurions certainement appris que les plus gros mensonges permettent souvent aux imposteurs, aux démagogues, aux manipulateurs et aux pervers de fonder leur légitimité en imposant aux peuples leur loi.
Il est indéniable que tous les régimes qui se sont toujours succédé à la tête de notre pays depuis 1958 ont tous été marqués par une concentration du pouvoir entre les mains d’un seul individu.
Nous voilà donc de retour dans les abimes des années de plomb de la révolution globale multiforme mais surtout multi crime du P.D.G, où tout n’était qu’intrigue et complot sur fond de violations des droits humains par des massacres, des pendaisons publiques, des arrestations arbitraires et des embastillements dans des prisons moyenâgeuses.
Or, AMADOU HAMPATÉ BÂ LE SAGE DE BANDIAGARA disait que : - « UN PRÉSIDENT QUI CONSTRUIT DES PRISONS S’ÉRIGE DU COUP EN GARDIEN DE PRISONS. » On peut donc affirmer qu’en Guinée, tous les potentats qui se sont succédé à la tête de notre pays ont été des GARDIENS DE PRISONS ET AUSSI DE FOSSES COMMUNES.
Le dernier d’entre eux le Caporal-chef de la légion étrangère française en réhabilitant le tristement célèbre bagne colonial français de FOTOBA, dont il est le tout nouveau gardien, a rejoint le cercle fermé des Présidents Guinéens gardiens de prisons. Car, dans son dessein machiavélique de s’installer lui aussi dans un pouvoir à vie, il pratique les mêmes méthodes que celui dont il se réclame, le démoniaque despote Sékou Touré. D’où la réhabilitation du bagne colonial de FOTOBA aux iles de Loos où sont embastillés clandestinement tous ceux qui sont portés disparus à ce jour. Ce sont très probablement les cas de FONIKÉ MANGUÈ ET BILLO BAH les deux activistes kidnappés à leur domicile et portés disparus. Pour le Caporal-chef c’est cela ÉVITER LES ERREURS DU PASSÉ. ALLEZ Y COMPRENDRE QUELQUE CHOSE ! Quant à ALIOU BAH, MAROUANE KAMARA et toutes les autres victimes qu’ils soient détenus à la prison centrale de Coronthie ou dans d’autres prisons éparpillées sur l’ensemble du territoire comme à Sorokoni, on ne se pose même plus la question de savoir QUEL CRIMEONT-ILS COMMIS POUR ÊTRE EMBASTILLÉS ? CAR, ils sont simplement des victimes expiatoires d’une horde de malfrats aux abois, qui sentant la détermination inébranlable des Guinéens d’en finir une fois pour toute avec le fatal cercle vicieux des successions tyranniques perverses comme mode de gestion de notre pays depuis plus d’un demi-siècle maintenant sont aux abois.
En conséquence, dans leur fuite en avant, ils pratiquent la stratégie de la terre brûlée, méthode de terreur et, d’avilissement des populations qui sont farouchement déterminés à en finir une fois pour toute avec ce despotisme maléfique à la Guinéenne responsable du désastre politico-économique dans lequel végète l’immense majorité des Guinéens depuis son accession à l’indépendance.
À ce jour, on peut affirmer sans risque de se tromper qu’avec le caporal-chef légionnaire Doumbouya et ses affidés aussi, l'intérêt général a cédé la place aux considérations d'ordre tribal, clanique familial donc mafieuse. Ce qui continue d’accentuer le désastre politico-économique et social que connait de notre pays depuis 1958.
Ainsi, nos espoirs démocratiques et économiques sont à nouveau trahis par cet autre burlesque potentat et ses complices, plus préoccupés par leur maintien dans un pouvoir à vie afin de continuer pour l’éternité leur enrichissement obscène.
Ce qui prouve à suffisance que dans l’exercice de la fonction présidentielle, tous les tyranneaux de brousse qui se sont succédé à la tête de notre pays ont toujours su combiner en un désastreux et paradoxal mariage, l’omnipotence et l’impotence, la légitimité démocratique et l’abus des lois, l’aveuglement croissant et l’illusion de l’infaillibilité, l’État Républicain et le favoritisme tribal, l’impopularité et le contentement de soi.
C’est pourquoi notre pays riche en ressources, reste paradoxalement parmi les plus pauvres du monde. Et, sa quête de stabilité et de prospérité reste toujours un défi crucial.
Et pour cause, les accusations de complots qui ont toujours été une constance dans l’histoire politique guinéenne, reflètent une culture de méfiance et de violences chroniques entre dirigeants et citoyens. Ces dénonciations, réelles ou souvent fabriquées, ont souvent servi de prétexte au pouvoir pour éliminer toutes les oppositions supposées ou réelles, créant ainsi un cycle d’instabilité et de violence.
Cette tendance montre une incapacité structurelle à instaurer un climat de dialogue et de confiance dans la gouvernance. Tant que cette dynamique mortifère persiste, la Guinée continuera d’être piégée dans un mortel cercle vicieux où le pouvoir se maintient par la force et la peur au détriment du développement et d’une Démocratie réelle.
On peut donc affirmer sans risque de se tromper, que par ses agissements irresponsables, la transition actuelle sous la férule du légionnaire caporal-chef du C.N.R.D semble emprunter les chemins d’un crépuscule marqué par l’incertitude et la désillusion.
ALORS QUESTION : COMMENT SORTIR DE CET INFERNAL CERCLE VICIEUX ?
C’est en cela que la citation d’Aimé Césaire trouve une résonnance poignante dans l’histoire Guinéenne. L’indépendance symbole d’espoir et de libération, s’est très vite transformée en en une tragédie par l’autoritarisme, la violence, et l’instabilité. Pourtant, cette tragédie n’est pas une fatalité. Elle invite à une rétrospective et à une refondation des valeurs d’unité, de justice et de démocratie. Pour que l’indépendance ne soit pas qu’une épopée passée, mais une réalité à vivre, la Guinée doit affronter son passé, reconstruire ses institutions et redonner espoir à son peuple. C’est la seule voie qui vaille pour sortir de l’impasse fatale dans laquelle nous ont mené tous les potentats qui ont géré notre pays depuis son accession à l’indépendance.
Ce qui n’est possible qu’avec un leadership patriote et, visionnaire capable de rompre avec les pratiques du passé en favorisant une gouvernance démocratique, transparente et orientée vers les besoins réels de la population.
Autrement dit, La Guinée ne pourra pleinement réaliser son potentiel qu’à travers un leadership fort et inspirant, capable de fédérer toutes les composantes de la NATION autour d’une vision commune de progrès et de justice sociale. Et non l’ethno stratégie actuelle et passée, érigée en mode de gestion du pays, qui nous a conduit dans l’impasse fatale actuelle dont nous avons du mal à nous extirper.
À BON ENTENDEUR SALUT !
Dr. ABDOUL BALDÉ














