GUİNÉE : PLUS DURE SERA LA CHUTE DE MAMADI DOUMBOUYA ET DE SON CNRD

En Guinée, le pouvoir ne tombe jamais par hasard. Il tombe par accumulation d’arrogance, de mensonge et de mépris.
Le CNRD de Mamadi Doumbouya est en train de bâtir, pierre après pierre, sa propre chute. Et comme toujours dans ce pays, plus le pouvoir se croit éternel, plus l’atterrissage est brutal.
Arrivé par les armes, le régime n’a jamais su parler au peuple autrement que par la peur. La transition annoncée a été confisquée, dévoyée, transformée en règne personnel déguisé. À la promesse de refondation ont succédé les enlèvements. À la parole donnée, les arrestations arbitraires. À l’espoir le silence imposé. Quand un pouvoir commence à craindre les mots, des journalistes, des opposants, des avocats et même de l’opinion silencieuse, c’est qu’il a déjà perdu sa légitimité morale.
La Guinée n’est pas calme. Elle est bâillonnée.
Ce que le CNRD prend pour de la stabilité n’est qu’une tension contenue. Ce que Mamadi Doumbouya interprète comme de la patience est en réalité une colère profonde, sociale, générationnelle, historique. Le peuple guinéen a appris à se taire pour survivre, pas à oublier.
Tous les régimes autoritaires guinéens ont fait la même erreur : croire que la peur dure éternellement. Aucun n’a compris que la peur se transforme toujours en rupture.
Aujourd’hui, le pouvoir se replie sur lui-même. Les cercles se ferment. Les fidèles deviennent des courtisans. Les institutions se vident de leur sens. L’État se confond avec un uniforme, un clan une signature. Et quand l’Etat disparait, la chute n’est plus politique : elle devient historique.
Plus Mamadi Doumbouya retarde l’évidence, il aggrave la facture. Plus il humilie, plus il radicalise. Plus il réprime, plus il fabrique des ennemis durables.
La Guinée a déjà connu ce scénario. Ceux qui croyaient tenir le pays d’une main de fer ont tous fini balayés isolés, parfois reniés par leurs propres soutiens. Aucun régime fondé sur la force n’a survécu à la vérité sociale.
Le CNRD ne prépare pas une transition. Il prépare un choc.
Et quand ce choc arrivera car, il arrivera, il ne faudra pas parler de complot, ni d’ingratitude, ni de surprise. Il faudra parler de responsabilité politique.
Plus dure sera la chute de Mamadi Doumbouya et de son CNRD, parce qu’ils auront refusé de partager, refusé de partir à temps.
En Guinée, l’histoire ne pardonne jamais ceux qui gouvernent contre leur peuple.
Dr. ABDOUL BALDÉ.















