Leguepard.net

Top Menu

  • Accueil
    • Accueil un
    • Accueil deux
    • Accueil trois
    • Accueil 4
    • Home Page Five (No Sidebar)
  • Pages
    • Author Page
    • Archives Page
    • 404 Page
    • Search Page
  • Blog
  • Nous contacter

Main Menu

  • Accueil
  • Features
    • Home Page Examples
      • Home Page One
      • Home Page Two
      • Home Page Three
      • Home Page Four
      • Home Page Five (No Sidebar)
      • …. Unlimited Layout (Very Flexible)
    • Post Format
      • Video Post Format (Youtube)
      • Video Post Format (Vimeo)
      • Gallery Post Format
      • WordPress Native Gallery
      • Audio Post Format
      • Image Post Format
    • Blog Layouts
      • Classic Blog Layout
      • Large Blog Layout
      • Masonry With Sidebar
      • Masonry Without Sidebar
      • Square Grid With Sidebar
      • Square Grid Without Sidebar
    • Post Review
      • Top with Pros and Cons
      • Bottom with Pros and Cons
      • Top Position
      • Bottom Position
      • Top Without Reader Rating
      • Bottom Without Reader Rating
  • Articles
    • International
    • Lifestyle
    • Vidéos
    • Blog
    • Politique
  • Informations
  • International
  • Blog
  • Post Layouts
    • FW Feature Image
      • Parallax Enabled
      • Parallax Disabled
      • Sidebar Left
      • Without Sidebar
      • Wide Title
      • Style 2
    • Standard Type 1
      • Feature Image Enabled
      • Feature Image Disabled
      • Without Sidebar
      • Sidebar Left
      • Wide Title
    • Standard Type 2
      • Feature Image Enabled
      • Feature Image Disabled
      • Without Sidebar
      • Sidebar Left
      • Wide Title
    • Sticky Share Box enabled
  • Accueil
    • Accueil un
    • Accueil deux
    • Accueil trois
    • Accueil 4
    • Home Page Five (No Sidebar)
  • Pages
    • Author Page
    • Archives Page
    • 404 Page
    • Search Page
  • Blog
  • Nous contacter

logo

Header Banner

Leguepard.net

  • Accueil
  • Features
    • Home Page Examples
      • Home Page One
      • Home Page Two
      • Home Page Three
      • Home Page Four
      • Home Page Five (No Sidebar)
      • …. Unlimited Layout (Very Flexible)
    • Post Format
      • Video Post Format (Youtube)
      • Video Post Format (Vimeo)
      • Gallery Post Format
      • WordPress Native Gallery
      • Audio Post Format
      • Image Post Format
    • Blog Layouts
      • Classic Blog Layout
      • Large Blog Layout
      • Masonry With Sidebar
      • Masonry Without Sidebar
      • Square Grid With Sidebar
      • Square Grid Without Sidebar
    • Post Review
      • Top with Pros and Cons
      • Bottom with Pros and Cons
      • Top Position
      • Bottom Position
      • Top Without Reader Rating
      • Bottom Without Reader Rating
  • Articles
    • International
    • Lifestyle
    • Vidéos
    • Blog
    • Politique
  • Informations
  • International
  • Blog
  • Post Layouts
    • FW Feature Image
      • Parallax Enabled
      • Parallax Disabled
      • Sidebar Left
      • Without Sidebar
      • Wide Title
      • Style 2
    • Standard Type 1
      • Feature Image Enabled
      • Feature Image Disabled
      • Without Sidebar
      • Sidebar Left
      • Wide Title
    • Standard Type 2
      • Feature Image Enabled
      • Feature Image Disabled
      • Without Sidebar
      • Sidebar Left
      • Wide Title
    • Sticky Share Box enabled
  • L’extrémisme et le terrorisme en Asie et en Afrique (René NABA)

  • Pétromonarchies-Gaza : La rivalité entre Qatar, la principauté gazière, et Abou Dhabi, la principauté pétrolière 2/2 (René NABA)

  • Pétromonarchies-Gaza : Profil bas de l’Arabie saoudite lors de la guerre de Gaza 1/2 (René NABA)

  • Liban : Beyrouth, le Vietnam d’Israël (René NABA)

  • Le Yémen, une équation incontournable du pouvoir décisionnaire régional du fait de son engagement dans la guerre de Gaza

Article
Home›Article›« La seule chose qui permet au mal de triompher, c’est l’inaction des hommes de bien » 6 Août 2026

« La seule chose qui permet au mal de triompher, c’est l’inaction des hommes de bien » 6 Août 2026

Par leguepard
août 8, 2026
12
0
Partager:

Cette citation, souvent attribuée à Edmund Burke, homme politique irlandais du XVIIIème siècle, bien qu’il n’ait jamais dit ou écrit cela, viendrait plutôt de John Stuart Mill, économiste britannique du XIXème siècle en 1867. Elle s’entrechoque avec 3 documents, que j’ai lus ces dernières semaines et qui traitent du même sujet.

Des textes qui deviennent récurrents
Guinée, le silence des élites, la victoire des médiocres
Le premier émane d’un certain el Hadj Aziz Bah, intitulé : « Guinée, le silence des élites, la victoire des médiocres ! 1» et le paragraphe qui suit, résume assez bien, l’objet de son irritation.
« Pourquoi les intellectuels, les universitaires, les cadres compétents, les anciens technocrates et les citoyens éclairés laisse-il souvent le terrain public aux propagandistes, aux opportunistes et aux courtisans du pouvoir ? Pourquoi dans un pays aussi riche en ressources naturelles et humaines que la Guinée, la médiocrité semble parfois mieux récompensée que la compétence ?
Les penseurs, les universitaires, les technocrates, les réformateurs et les patriotes éclairés ont progressivement abandonné le terrain du débat, laissant la place à une nouvelle caste dont la principale compétence consiste à servir le système plutôt qu’à servir la nation. Pendant que les véritables bâtisseurs se taisent, les opportunistes occupent les plateaux de télévision, monopolisent les réseaux sociaux et façonnent le récit national.
Ils ne défendent ni les idées, ni une vision, ni un procès de projet de société. Ils défendent des intérêts. Les mêmes familles politiques, les mêmes cercles d’influence et parfois même leurs héritiers biologiques se transmettent le pouvoir comme un patrimoine privé. Les fonctions publiques deviennent des récompenses. Les institutions, des instruments de clientèle et des ressources de l’État un butin à partager. Pendant ce temps, le citoyen ordinaire continue d’attendre. Il attend une école digne de ce nom. Il attend un système de santé fonctionnel. Il attend l’eau, l’électricité, les routes et l’emploi. Il attend depuis si longtemps que l’attente elle-même est devenue une culture nationale. Le débat public quant à lui, s’est transformé en un théâtre de propagande où le mensonge rivalise avec la manipulation.
Des influenceurs sont mobilisés contre des mercenaires numériques. Des blogueurs sont recrutés pour fabriquer des récits officiels. Les réseaux sociaux deviennent des champs de bataille où les clans politiques règlent leur compte pendant que les véritables problèmes du pays demeurent sans solution. L’enjeu n’est plus de convaincre le peuple, l’enjeu est de l’occuper, le distraire, le diviser, l’empêcher de poser les vraies questions ».

Appel à l’élite guinéenne : rompez le silence et sauvez la République !
Le second a été écrit par Aliou Barry, Directeur du Centre d’Analyse et d’Études Stratégiques (CAES), intitulé : « Appel à l’élite guinéenne : rompez le silence et sauvez la République ! 2» et le paragraphe qui suit, résume également assez bien, l’objet de son courroux.
« Comment des intellectuels de haut niveau, des esprits brillants et formés aux plus hautes exigences académiques, ont-ils pu à ce point tomber sous le charme de l’autoritarisme ?
Pourtant, devant le spectacle désolant d’une nation qui s’enfonce dans la mal-gouvernance, une immense majorité d’entre eux (à l’exception de l’écrivain Tierno Monénembo), continue de choisir une posture qui confine à l’abandon : le silence ou la compromission.
C’est aux universitaires, aux ingénieurs, aux écrivains, aux juristes et aux professionnels de la diaspora comme de l’intérieur, par-delà nos origines, de s’unir pour imposer des lignes rouges institutionnelles. L’intellectuel doit redevenir la sentinelle de la cité en opposant la force des idées à la brutalité des faits ».
Mais Aliou Barry va plus loin, car il propose via son CAES, l’organisation d’un grand Colloque des intellectuels de Guinée en 2026-2027, avec pour vocation de réunir les forces vives en vue de penser la Guinée de demain, d’établir des diagnostics sans complaisance, de dégager une vision d’avenir partagée et de formuler de véritables pistes de développement socio-économique adaptées à nos réalités. J’en serai, si je suis invité, car c’est exactement cette voie que je me destine à suivre dès maintenant.

Guinée, le retour vers la médiocrité
Enfin s’il fallait en rajouter une couche, il suffirait de citer Théophile Kouamouo, qui constatait qu’avec Mamadi Doumbouya aux affaires, c’était un recul de l’Afrique3. En effet, il constatait « qu’après les indépendances, on avait eu en Afrique sub-saharienne francophone des dirigeants, qui tiraient leur légitimité du système français (Senghor, Houphouet, Ahidjo, Bokassa et Éyadema). Il y avait donc une forme de hiérarchie, les premiers valant quand même mieux que les derniers, en ayant plus d’influence sur la scène internationale. Puis on a eu des dirigeants issus de l’administration post-coloniale comme Abdou Diouf, Paul Biya, Henri Konan Bédié, puis des dirigeants issus des institutions internationales comme Nicéphore Soglo ou Alassane Ouattara. On a enfin eu des produits de l’université ou de la société civile organisée comme Gbagbo, Wade ou Alpha Condé.
Certes, ils n’ont pas tous été forcément merveilleux au pouvoir, mais il y avait une sorte d’amélioration du niveau global par rapport aux dirigeants du monde. Là avec Doumbouya, on retourne d’une certaine manière au statu quo ante. Alpha Condé avait le niveau pour comprendre le monde. Il avait les armes intellectuelles pour parler avec Xi Jing Ping, Donald Trump ou Emmanuel Macron, pour évoquer les sujets techniques. Avec Doumbouya, sans formation politique comme un Jacob Zuma, qui n’avait rien d’un Thabo Mbéki, on voit un ancien légionnaire, devenu, on ne sait pas trop comment, patron des forces spéciales de Guinée sous Alpha Condé, sans avoir vraiment fait ses armes dans l’armée guinéenne, au contraire des Robert Guei en Côte d’Ivoire ou Ibrahim Traoré au Burkina. En outre ce n’était pas un Saint-Cyrien, mais un légionnaire, c’est-à-dire quasiment un mercenaire d’entrée de gamme. En outre, Mamadi Doumbouya a risqué sa vie et peut-être tué pour la France, y compris peut-être en Côte d’Ivoire (en Novembre 2004). De même on ignore, s’il a obtenu sa nationalité française grâce à la légion étrangère ou grâce à son mariage avec une Française ».
Enfin la storytelling consistant à énumérer des stages à l’école de guerre en France, à l’Académie de cavalerie de Saumur et même à l’Université Panthéon Sorbonne pour l’obtention d’un master 2 (sans doute honoris causa, lol) ne donnera pas le change. Mamadi Doumbouya déchiffre, mais se sait manifestement pas lire (au sens de la sémantique), ne comprenant pas toujours les termes qu’il emploie, bref il ânonne. Sans mépriser l’absence de culture, il peut-être intelligent, ce qu’il n’a nullement démontré, en n’agissant pas dans l’intérêt des Guinéens, mais pour sa personne exclusivement, la gabegie étalée lors de la cérémonie de prestation de serment n’en constituant qu’une illustration.
Mamadi Doumbouya est un tueur professionnel, il est même probablement doué pour cela, sans état d’âme, n’hésitant pas à faire enlever des enfants. Qu’en pense sa femme et ses propres enfants, qui auraient le droit d’être rebelles et d’affirmer qu’ils ne sont pas complices de tels crimes ? Il n’a même aucun respect pour ses collègues, la garde présidentielle d’Alpha Condé, dont la plupart de ceux qui sont tombés le 5 Septembre 2021, n’ont même pas eu droit à un enterrement digne de ce nom, mais plutôt à des fosses communes.

L’apport d’Étienne de la Boétie, plus actuel que jamais
Après avoir résumé succinctement les textes précédents, il convient maintenant d’indiquer ce qu’il est possible de faire pacifiquement pour inverser le phénomène, non sans avoir essayé de comprendre pourquoi « Quand les élites se taisent, les médiocres prennent le pouvoir ».
La servitude volontaire, pourquoi ?
Un ouvrage écrit par un jeune homme d’à peine 18 ans, Étienne de la Boétie4, permet d’esquisser des réponses aux différents questionnements soulevés. Lui voulait savoir « Comment se fait-il que tant d’hommes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’est pourtant rien face à une multitude ? ». Selon lui, le pouvoir du tyran ne vient pas seulement d’en haut, il tient aussi à ce que les sujets acceptent, répètent, exécutent, transmettent ou finissent simplement par ne plus interroger. Cette idée est dérangeante car elle complique la séparation trop simple entre le maître et les esclaves, entre le pouvoir et les victimes, entre celui qui commande et ceux qui subissent. La Boétie ne dit pas que les dominés sont responsables de tout. Il sait que la peur, la contrainte et la violence existent. Mais il veut comprendre pourquoi la domination dure, pourquoi elle devient stable, pourquoi elle finit par paraître normale. Pour lui, la servitude n’a absolument rien de naturel. Les hommes ne naissent pas pour être esclaves. La nature les a fait libre, la tyrannie est donc une anomalie. Comment une chose aussi contraire à la nature humaine peut-elle malgré tout s’imposer ? Avant de se demander comment sortir de la servitude, il faut comprendre comment elle tient. La tyrannie n’est pas seulement un homme qui commande, c’est une machine, qui repose notamment sur 5 fondements : l’habitude, l’oubli de la liberté, le divertissement, la fascination pour le pouvoir et surtout la chaîne des intérêts.
L’habitude : les peuples obéissent parce qu’ils ont toujours obéi. Ils servent parce qu’ils sont nés dans la servitude. Ils supportent le pouvoir parce qu’ils ne connaissent rien d’autre. La domination lorsqu’elle dure finit par se confondre avec l’ordre normal des choses. Le pouvoir le plus efficace n’est pas toujours celui qui frappe, c’est celui qui parvient à se rendre invisible, celui qui entre dans les mœurs, celui qui n’a même plus besoin de se justifier. On obéit parce que cela se fait, parce que cela s’est toujours fait, parce que c’est comme ça. La servitude devient alors une seconde nature, non pas une vraie nature, mais une nature fabriquée par le temps. Dans un régime politique, beaucoup d’obéissance tient moins à la peur qu’à la routine. On applique une procédure sans se demander ce qu’elle produit. On transmet un ordre sans interroger son sens. On accepte une injustice parce qu’elle est ancienne, par faiblesse, par fainéantise, par manque de courage de remettre en cause ce qui existe. C’est comme ça.
L’oubli de la liberté : les hommes nés sous un tyran ne regrettent pas la liberté parce qu’ils ne l’ont jamais connu. Ils grandissent dans un monde où les hiérarchies semblent évidentes, où certains commandent et d’autres obéissent, où l’on admire les puissants, où l’on craint de sortir du rang. La domination ne gouverne donc pas seulement les corps, elle gouverne les esprits. Elle réduit l’imagination politique et fait croire qu’il n’y a pas d’alternative. Un peuple qui ne peut plus imaginer la liberté ne cherchera même plus à la reprendre.
Le divertissement : La Boétie évoque les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les médailles, les images. Tous ces plaisirs peuvent devenir les appâts de la servitude. On retrouve ici une idée très ancienne déjà associée à Rome, celle du pain et des jeux. Pour détourner le peuple de la chose publique, il suffit parfois de lui offrir de quoi vivre et de quoi se distraire. Le pain et les jeux, ce n’est pas pour le rendre heureux, mais pour l’occuper, pour le calmer, le détourner de sa propre puissance politique. Il est plus facile de gouverner des hommes occupés que des hommes attentifs. Le divertissement capte le regard, remplit le temps, apaise la colère, rend la servitude supportable. Le pouvoir a juste besoin de dire « regardez ailleurs ». Aujourd’hui le football, les écrans, les notifications, les polémiques stériles, les flux d’images, les distractions permanentes peuvent nous empêcher de penser ce qui nous arrive.
La fascination pour le pouvoir consiste à ne jamais présenter le tyran comme un homme ordinaire. Il s’entoure de signes, de cérémonies, de titres (y compris falsifiés), de palais, de gardes (les GFS), de récits parfois de sacrés. Il faut le faire paraître plus grand qu’il n’est véritablement. Il faut créer de la distance, de l’aura, du mystère. Le pouvoir a besoin d’être vu, d’être mis en scène, le tyran n’est pas seulement celui qui commande, il est celui autour duquel une société paraît se rassembler. Face à la multiplicité des individus, il donne l’apparence de l’unité. Face au désordre, il promet un centre. Face aux divisions, il semble incarner la cohésion. Les hommes peuvent alors se soumettre non seulement parce qu’ils ont peur, mais parce qu’ils sont fascinés par ce que le pouvoir représente. L’ordre, la grandeur, la stabilité, l’unité. La domination ne fonctionne pas seulement par la contrainte, mais aussi par l’admiration, par les images, par le prestige, par le désir d’appartenance (au système).
Le dernier ressort, sans doute le plus décisif, est constitué par la chaîne des intérêts. Le tyran ne règne jamais seul. Autour de lui, il y a quelques proches, quelques hommes qui ont son oreille, qui reçoivent ses faveurs, qui profitent de son pouvoir. Ces quelques-uns en tiennent d’autres. Ceux-là en tiennent encore d’autres. Et ainsi se forme une immense pyramide de dépendance. La tyrannie devient un système d’intérêts imbriqués. Chacun reçoit quelque chose, une charge, une protection, une faveur, une petite parcelle de pouvoir. Et cette petite parcelle, voire cette minuscule parcelle, suffit souvent à attacher les hommes à l’ordre qui les domine. La servitude volontaire ne tient pas seulement de l’illusion, elle tient aussi de l’intérêt. Beaucoup d’hommes servent parce qu’ils ont quelque chose à gagner ou à perdre. Celui qui obéit à un supérieur peut devenir tyran pour un inférieur. Celui qui subit une domination peut la reproduire sur plus faible que lui. Celui qui dépend du système peut finir par le défendre parce qu’il y trouve sa place, fut-elle petite. La domination se maintient ainsi par une cascade de petits pouvoirs et dans toute organisation, on peut accepter l’inacceptable pour conserver sa position. On se tait pour garder sa place. On applique une consigne absurde parce qu’elle vient d’en haut. On ferme les yeux parce que l’on dépend du système. La servitude volontaire peut-être banale, professionnelle, administrative, quotidienne. La tyrannie ne tient pas seulement à la violence d’un homme, elle tient à des habitudes, à des oublis, à des divertissements, à des fascinations, à des intérêts. Elle tient à une multitude de gestes par lesquels les hommes soutiennent le pouvoir qui les assujettit.

Comment se libérer de la servitude ?
Si le pouvoir se nourrit de notre soutien, que se passe-t-il lorsque ce soutien se retire ? Autrement dit, comment se libérer de la servitude ?
Il dit, je le cite, « de tant d’indignité que les bêtes mêmes ne toléreraient pas, vous pouvez vous en délivrer, si vous essayez non pas de vous en délivrer, mais seulement de le vouloir faire. Soyez résolu de ne plus servir et vous voilà libre. Je ne veux pas que vous le poussiez ou que vous l’ébranliez, mais seulement ne le soutenez plus et vous le verrez comme un grand colosse à qui on a dérobé la base de son poids même fondre en bas et se rompre ».
Voilà sa proposition la plus fameuse : « soyez résolu de ne plus servir et vous voilà libre ». La phrase est si simple qu’elle paraît presque naïve. Il suffirait de ne plus servir. Il suffirait de retirer son obéissance pour que le tyran tombe. Il n’est pas dit exactement que la liberté serait facile, il est plutôt dit qu’aucun pouvoir ne se maintient seul. Le tyran quel qu’il soit a besoin de relais, d’exécutants, de complicité, d’obéissance quotidienne, du soutien des hommes, de leur voix, de leur silence, de leur travail et de leur admiration. Retirer ses soutiens et le colosse perd sa base. La Boétie se distingue nettement de ceux, qui dans le contexte des guerres de religion, justifieront parfois la résistance active au tyran, voire son renversement lorsqu’il viole les lois de Dieu, du royaume ou les droits du peuple. La Boétie, lui ne propose pas d’abord de tuer le tyran, ni même de le remplacer par un autre. Il ne fait pas l’éloge de la violence politique. Sa pensée est plus radicale encore, mais autrement, elle repose sur le retrait pacifique. Ne plus soutenir, ne plus collaborer, ne plus alimenter la machine. Le tyran ne tombe pas parce qu’on l’attaque frontalement par une révolution ou par un assassinat, mais parce qu’on cesse de le porter. En résumé, le pouvoir ne tient pas seulement parce qu’il contraint, il tient aussi parce qu’il est soutenu.
La véritable reconnaissance du texte de la Boétie écrit au XVIème siècle, ne viendra que beaucoup plus tard au XIXème siècle, puis sera rapproché des théories modernes de la désobéissance civile et de la non coopération, avec des auteurs comme Henry David Thoreau, ou des acteurs comme Mahatma Gandhi, Martin Luther King ou Rosa Parks, mais l’intuition est déjà là. Un pouvoir injuste ne doit pas seulement être dénoncé, il doit être privé de notre participation (non coopération). Elle peut prendre des formes très différentes : refuser de payer un impôt jugé injuste, refuser de travailler par la grève lorsqu’un ordre social repose sur l’exploitation, refuser de consommer certains produits par le boycott, retirer son argent d’institutions que l’on juge complices d’un système injuste ou néfaste, refuser de servir dans une armée, de prêter serment, de transmettre un ordre illégitime, de participer à une propagande, de livrer des informations ou de collaborer avec une administration oppressive. Dans tous ces cas, il ne s’agit pas seulement de protester contre un pouvoir injuste, il s’agit de lui retirer ce dont il a besoin pour continuer, de l’argent, du travail, de l’obéissance, du silence, de la respectabilité, de la coopération quotidienne. Soyez résolu de ne plus servir et vous voilà libre. Cette belle formule oblige chacun à prendre ses responsabilités et à se demander ce qu’il donne au pouvoir, parfois sans même s’en rendre compte. Toutes les résistances ne se valent pas. Toutes ne produisent pas les mêmes effets, mais chacune commence par ce geste : ne plus fournir au pouvoir injuste la part même infime de soutien qu’il attend de nous. Désobéir ne signifie donc pas refuser toute règle ou toute autorité. La Boétie n’est pas un penseur du chaos. Un dictateur ne gouverne jamais seul. Il a besoin d’une administration, d’une police, de juges, de médias, de relais locaux, de clients, de fidèles, d’opportunistes. Le texte nous aide à comprendre cette architecture invisible du pouvoir.
L’exemple de la Guinée est particulièrement éclairant. Mamadi Doumbouya apparaît comme le centre absolu du régime, son image est partout, son autorité est mise en scène, son pouvoir semble concentré dans une seule personne. Mais cette domination ne tient pas seulement à lui. Elle repose sur le parti GMD, sur l’armée, sur les services de sécurité (GFS), sur la propagande d’État, sur la surveillance, sur les cadres locaux et sur toute une chaîne d’exécutants qui font vivre le système au quotidien. Le pouvoir le plus personnel a besoin d’une multitude de serviteurs pour se maintenir, par acceptation progressive de petites atteintes aux libertés fondamentales5. La Boétie nous avertit, le danger n’est pas seulement la violence qui surgit, c’est l’habitude qui s’installe. La Boétie reste actuel, ne nous demandant pas seulement de dénoncer les tyrans, mais de regarder ce qui en nous et autour de nous rend la domination possible. Notre goût de l’habitude, notre peur de la solitude, notre besoin d’ordre, notre fascination pour les puissants, notre intérêt à conserver une place dans la chaîne. La liberté consiste à cesser de nourrir ce que l’on prétend refuser.
Enfin qu’on se rappelle : au-delà des tenants et aboutissants du procès du 28 Septembre, chacun a pu voir que les dirigeants d’alors, les Dadis Camara, Claude Pivi, Moussa Tiegboro, Marcel Guilavogui, Bienvenu Lamah6 …. bref ceux qui géraient le pays alors, pourraient être considérés comme des petites frappes, au sens péjoratif du terme, et pourtant, grâce à leur kalachnikov, ils imposaient leurs courtes vues, malgré quelques discours (mais ce ne sont que des mots) parfois pertinents. Ceux qui sont là aujourd’hui, les Mamadi Doumbouya, Amara Camara, Dansa Kourouma, Balla Samoura, les Djiba Diakité… ne sont que des opportunistes, voire des aventuriers, là encore au sens propre, donc péjoratif du terme. Nous sommes au XXIème siècle, la Guinée doit avancer, certains attendent au moins depuis près de 70 ans (soit plus de 3 générations), ça suffit, il est temps d’avancer.
Il faut donc dégager ces imposteurs, ces clowns incompétents, mais surtout criminels sans vergogne.

Gandhi, citoyen guinéen
« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).
« Soyez résolu de ne plus servir et vous voilà libre ». (Étienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire, 1576)
1https://www.visionguinee.info/guinee-le-silence-des-elites-la-victoire-des-mediocres/ https://www.youtube.com/watch?v=R7E3csTNKAM

2https://lelynx.net/2026/08/appel-a-lelite-guineenne-rompez-le-silence-et-sauvez-la-republique/

3https://www.youtube.com/watch?v=OfODibcGb-0&t=406s

4Discours de la servitude volontaire, 1576, Étienne de la Boétie https://classiques.uqam.ca/classiques/la_boetie_etienne_de/discours_de_la_servitude/discours_servitude_volontaire.pdf

5« les personnes qui abandonnent une liberté essentielle pour obtenir une sécurité temporaire ne méritent ni la liberté ni la sécurité », dixit Benjamin Franklin.

6Non seulement le colonel Bienvenu Lamah a été acquitté le 27 Juillet dernier lors du second procès du 28 Septembre 2009, mais il vient même d’être promu général de brigade le 3 Août… sans doute pour services rendus, ou à cause de la justice comme boussole !!!

Article precedent

LA GUINÉE ET LE POIDS DE SES ...

0
Shares
  • 0
  • +
  • 0
  • 0
  • 0
  • 0

leguepard

Articles connexes More from author

  • Article

    GUINEE / SOUS LA TRANSITION, LA DICTATURE : LE DOUBLE JEU DU CAPORAL-CHEF LÉGIONNAIRE MAMADI DOUMBOUYA

    août 19, 2025
    Par leguepard
  • Article

    GUINEE / Comandant Mamady Doumbouya: l’origine de son grade d’officier sur les photos (publication du 5 octobre 2018 par « leguepard.net »)

    juin 27, 2024
    Par leguepard
  • Article

    Misère de la polygamie (Par Alpha Sidoux Barry)

    septembre 5, 2024
    Par leguepard
  • Article

    GUINEE / CONDAMNER ALIOU BAH, C’EST CONDAMNER LA DÉMOCRATIE

    mai 30, 2025
    Par leguepard
  • Article

    ÉCHANGES II : Quelques questions posées par certains Guinéens.

    août 26, 2025
    Par leguepard
  • Article

    DAKAR: une révolution par les urnes (Mamadou Billo SY SAVANÉ)

    avril 15, 2024
    Par leguepard

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Vous pourriez être intéressé

  • International

    Niger, un an après 2/2 : De l’uranium et du développement humain du Niger.

  • International

    Pétromonarchies-Gaza : La rivalité entre Qatar, la principauté gazière, et Abou Dhabi, la principauté pétrolière 2/2 (René NABA)

  • International

    Conférence internationale en vue de la création d’un Tribunal International sur la Palestine (6-8 juin 2024) à Genève

  • LATEST REVIEWS

  • TOP REVIEWS

  • Sympathie pour criminels ou bien débandade morale ( Par Abdourahamane Barry)

    9.2
  • Présentation du site annuaire éducation Guinée (Par MAKANERA Mohamed Lamine)

    9.2
  • GUINEE / Réplique à la « sortie » inappropriée de Monsieur Lansana KOUYATÉ contre le ...

    8.8
  • GUINEE / SEULE LA VÉRITÉ LIBÈRE / Episode1 (Par Alpha BALDE)

    9
  • Camera man waiting to take your photo

    8.2
  • What to do if your phone has no space

    9.5
  • Présentation du site annuaire éducation Guinée (Par MAKANERA Mohamed Lamine)

    9.2
  • Sympathie pour criminels ou bien débandade morale ( Par Abdourahamane Barry)

    9.2
  • GUINEE / SEULE LA VÉRITÉ LIBÈRE / Episode1 (Par Alpha BALDE)

    9
  • GUINEE / Réplique à la « sortie » inappropriée de Monsieur Lansana KOUYATÉ contre le ...

    8.8

Chronologie

  • août 8, 2026

    « La seule chose qui permet au mal de triompher, c’est l’inaction des hommes de bien » 6 Août 2026

  • mai 6, 2026

    LA GUINÉE ET LE POIDS DE SES RÉPÉTITIONS : DE LA MÉMOIRE DE PETIT BARRY À LA LOGIQUE DU PRÉSENT.

  • avril 11, 2026

    Le déclin de Dalein en république de Condé

  • mars 24, 2026

    LA GUINEE A LA CROISEE DES CHEMINS : PREVENIR LA MENACE DJIHADISTE PAR LA GOUVERNANCE ET LA COHESION

  • mars 19, 2026

    L’HERITAGE COLONIAL A L’EPREUVE : LE DIFFEREND FRONTALIER DU FLEUVE MANO

Derniers commentaires

Retrouvez-nous sur Facebook

logo

Le site leguepard.net est une plateforme d'informations couvrant tous les aspects de l'actualité en République de Guinée, qu'il s'agisse de politique, d'économie, ou de faits divers.

À propos de nous

  • Nous sommes situés en Île-de-France.
  • 0123456789
  • test@gmail.com
  • Recent

  • Popular

  • Comments

  • « La seule chose qui permet au mal de triompher, c’est l’inaction des hommes de ...

    Par leguepard
    août 8, 2026
  • LA GUINÉE ET LE POIDS DE SES RÉPÉTITIONS : DE LA MÉMOIRE DE PETIT BARRY ...

    Par leguepard
    mai 6, 2026
  • Le déclin de Dalein en république de Condé

    Par leguepard
    avril 11, 2026
  • LA GUINEE A LA CROISEE DES CHEMINS : PREVENIR LA MENACE DJIHADISTE PAR LA GOUVERNANCE ...

    Par leguepard
    mars 24, 2026
  • A propos de Madanya.info / Une centaine d’ONG de la société civile syrienne, réunie le ...

    Par leguepard
    juin 8, 2015
  • « La seule chose qui permet au mal de triompher, c’est l’inaction des hommes de ...

    Par leguepard
    août 8, 2026
  • Les bases de la future société guinéenne, d’après l’analyste Amadou Sadjo Barry (Par Alpha Sidoux ...

    Par leguepard
    juin 9, 2015
  • Scandale d’Etat / Un enregistrement audio mettant en cause l’ambassadeur de Guinée en France et ...

    Par leguepard
    juin 9, 2015

Photostream

    Suivez-nous

    • Accueil
    • Connectez-nous
    • Qui sommes-nous
    © Copyright leguepard.net. Tous droits réservés.