GUINEE / CONDAMNER ALIOU BAH, C’EST CONDAMNER LA DÉMOCRATIE

CONDAMNER ALIOU BAH, C’EST CONDAMNER LA DÉMOCRATIE
En Guinée, l’injustice n’a plus besoin de se cacher. Elle s’exhibe désormais à visage découvert, drapée dans les oripeaux d’un pouvoir militaire qui ne connait d’autre langage que la répression. Le cas d’Aliou Bah Président du MoDeL (Mouvement Démocratique Libéral) en est une démonstration éclatante et honteuse.
Condamné à la prison pour avoir usé de sa liberté de parole, Aliou Bah n’est ni un criminel, ni un agitateur. Il est un citoyen, un leader politique, un homme libre. Et c’est précisément pour cela qu’il dérange. Dans une Guinée verrouillée par la peur, le courage est devenu un acte de défi. Et pour ce pouvoir illégitime, tout défi constitue un crime.
Il faut le dire sans détour : cette condamnation est infâme, politique et lâche. Elle ne vise pas seulement un homme, mais tous ceux qui rêvent encore d’une Guinée démocratique. Le régime de Mamadi Doumbouya, dirigé dans l’ombre par le tout puissant Amara Camara secrétaire de la Présidence et véritable chef d’orchestre du verrouillage institutionnel, cherche à faire taire toute voix discordante.
Après les interdictions de manifestations, les arrestations arbitraires, les bastonnades de militants, voici venu le temps des procès kafkaïens.
Aliou Bah, figure montante de la nouvelle génération politique, n’a commis qu’un seul acte : parler au nom du peuple. Il a dénoncé la confiscation du pouvoir par les armes, le mensonge de la refondation, l’hypocrisie des promesses non tenues, le pillage des ressources, la gouvernance clanique. Et pour cela, il est aujourd’hui derrière les barreaux.
Ce verdict n’est pas celui d’un tribunal, c’est celui d’un régime aux abois, qui sent le vent tourner et tente désespérément de briser ceux qui incarnent une alternative crédible. En vérité, en condamnant Aliou Bah, le pouvoir confesse sa propre illégitimité.
Un État sûr de lui ne craint pas les idées. Un gouvernement digne de ce nom n’envoie pas ses opposants en prison. Il débat, il convainc, il répond par la démocratie.
Nous appelons à la libération immédiate et inconditionnelle d’ALIOU BAH. Nous appelons les Guinéens à ne pas se résigner. Nous appelons la Communauté internationale à cesser son silence complice. Où est la CDEAO, prompte à imposer des sanctions ailleurs mais si timorée face à la junte guinéenne ? Où est l4Union Africaine ? Où sont les grandes voix qui prétendent défendre les droits de l’homme ?
Il est temps d’ouvrir les yeux. Il est temps d’ouvrir les yeux. Il est temps de nommer les choses. Ce régime est une dictature militaire. Et la condamnation d’Aliou Bah est une tache indélébile sur le drapeau de notre République.
Ce pouvoir militaire doit comprendre que faire taire un opposant, ce n’est asseoir son autorité. C’est prouver son illégitimité.
Nous n’oublierons pas. Et nous ne laisserons pas faire. Car, cette sentence n’est pas une décision de justice, c’est un acte de persécution politique.
Dr ABDOUL BALDÉ.












