LA RACE DES FRIPOUILLES : CHRONIQUE D’UN PILLAGE CONTINU DE LA GUINÉE (1958-2025)

Depuis 1958, la Guinée est victime d’un mal profond : non pas un simple déficit de gouvernance, mais la main mise d’une caste organisée, prédatrice, polymorphe, une véritable race de fripouilles. Ces hommes, parfois en treillis, parfois en costume trois pièces, ont capturé l’État, détourné ses ressources, trahi le peuple à chaque transition. Ce n’est pas une génération, ni un régime. C’est un système qui commence avec Sékou Touré, s’adapte avec Lansana Conté, s’affirme avec Alpha Condé et aujourd’hui, s’affiche sans masque avec Mamadi Doumbouya.
UNE CASTE NÉE DE LA RÉPRESSION
Sous le règne de Sékou Touré (1958-1984), la Guinée entre dans une ère de terreur bureaucratique. Derrière le discours panafricain, c’est une armée d’apparatchiks, de préfets zélés et de cadres du PDG qui prennent le contrôle de l’État. Le camp Boiro devient l’instrument d’un pouvoir paranoïaque. Selon Amnesty International plus de 50 000 Guinéens furent emprisonnés ou exécutés pendant cette période.
Mais nombre de ces tortionnaires deviendront plus tard des notables, recyclés sous Conté, enrichis sous Condé, et protégés aujourd’hui.
LANSANA CONTÉ : LA DÉRIVE PATRIMONIALE
Le coup d’Etat de 1984 ne change pas la logique : il la privatise. Le régime Conté (1984-2008) remplace l’idéologie par le népotisme. Les postes sont vendus, les marchés publics deviennent des butins de guerre. L’armée accapare 60% DU BUDGET PUBLIC à certains moments, selon les documents de la banque mondiale. Pendant ce temps, l’élite s’enrichit. Les mêmes familles contrôlent douanes, ports, mines, impôts. Le pays se vide de ses cadres honnêtes. Le peuple s’enfonce dans la misère.
ALPHA CONDÉ : LA TRAHISON DES PROMESSES
Arrivé au pouvoir en 2010, ALPHA Condé, opposant historique, promet la rupture. Mais il pactise vite avec les anciens réseaux. Son fils MOHAMED Condé, devient un acteur clé de la corruption minière, comme l’a révélé l’enquête d’Open Facto et de The Sentry (2022). En 2020, il s’offre un troisième mandat anticonstitutionnel au prix d’une répression sanglante : plus de 90 morts selon l’OGDH. Le système tient bon, les fripouilles se gavent.
LE COUP D’ETAT DE DOUMBOUYA : LE HOLD-UP FINAL
Le 5 septembre 2021, Mamadi DOUMBOUYA promet la refondation. Mais il n’est que le nouveau visage d’une vieille élite. Très vite, le vernis tombe. À ses côtés, des figures comme Idi Amine, Balla Samoura, et Amara Camara supervisent une purge silencieuse des voix critiques dans la presse comme dans les partis.
Le CNRD concentre tous les pouvoirs. La Cour des comptes est dissoute, le parlement suspendu, les audits sélectifs se transforment en règlement de comptes. Le projet Simandou pourtant clé pour l’économie nationale, est géré dans une opacité totale. Aucune donnée publique n’existe sur les montants perçus depuis 2022, alors que les montants en jeu dépassent les 20 milliards de dollars, selon les estimations de Rio Tinto et Winning Consortium.
« GUINÉE 2040 » : SLOGAN POUR PILLAGE ORGANISÉ
Sous couvert de prospective, le régime vend un avenir hypothétique, alors que le présent est pillé. Le projet « Guinée 2040 » est un mirage. Il n’est soutenu par aucune loi de programmation, aucun débat public, aucun audit indépendant. C’est une opération de communication destinée à occuper l’opinion pendant que les clans s’enrichissent. La transition est sans calendrier crédible. Le référendum constitutionnel est repoussé, et aucune élection n’a été b tenue depuis près de 4 ans.
LA FRIPOUILLE A MUTÉ, MAIS ELLE N’A PAS DISPARU
Ce qu’il faut comprendre, c’est que cette élite prévaricatrice ne meurt jamais politiquement. Elle change de camp, elle s’adapte. Certains conseillers de Mamadi Doumbouya ont servi sous Sékou Touré, ont conseillé Conté, ont travaillé avec Alpha Condé. Ce sont les vrais patrons de l’État parallèle. Ils tiennent l’économie de rente, les services de sécurité, la diplomatie de coulisse. Et tant qu’ils seront là, il n’y aura pas de démocratie possible.
CONCLUSION : ROMPRE AVEC LA RACE DES FRIPOUILLES
Le problème de la Guinée n’est pas seulement celui des hommes du pouvoir. C’est celui d’un système enraciné de prédation, de corruption, d’impunité. Un système qui recycle les mêmes têtes, les mêmes pratiques, et qui utilise chaque crise comme une opportunité de consolidation.
Il est temps de briser ce cycle. De nommer des responsables. D’imposer la transparence. La fripouille ne tombera pas d’elle-même : elle doit être combattue, dénoncée, isolée. Elle ne tombera pas avec un coup d’État. Elle tombera avec une révolution de la conscience, du droit et de la vérité.
Sinon, demain, un autre DOUMBOUYA viendra. Et derrière lui, les mêmes fripouilles, toujours prêtes à régner, au nom du peuple mais toujours contre lui.
Dr Abdoul BALDÉ













