GUINEE / SOUS LA TRANSITION, LA DICTATURE : LE DOUBLE JEU DU CAPORAL-CHEF LÉGIONNAIRE MAMADI DOUMBOUYA

Derrière les discours de refondation et de moralisation du CNRD, Mamadi Doumbouya installe pas à pas un pouvoir autoritaire. La transition annoncée n’est qu’un leurre, une mise en scène destinée à neutraliser l’opposition, anesthésier la société civile et repousser indéfiniment le retour à l’ordre constitutionnel.
Depuis que MAMADI DOUMBOUYA et son groupuscule ont pris le pouvoir en Guinée au nom d’un soi-disant redressement démocratique, nous assistons à une mise en scène millimétrée : celle d’un pouvoir militaire déguisé en transition pour mieux se pérenniser. Ils parlent de refondation, de justice, de moralisation, de retour à l’ordre constitutionnel.
Mais dans les faits, ils installent méthodiquement les bases d’un régime autoritaire, personnel, et durable. En réalité, le CNRD ne redresse rien. Il s’enracine.
On nous parle d’« acquis ». Quels acquis ? Où sont les réformes profondes, les institutions renforcées, les contre-pouvoirs libérés ? Le peuple attend toujours des signes tangibles de changement. Ce qu’il reçoit à la place, ce sont des arrestations politiques, des procès spectaculaires à géométrie variable, des chantiers fantômes, des promesses sans lendemain.
Le discours est bien huilé : on prétend lutter contre la corruption, mais on instrumentalise les audits pour se débarrasser des adversaires. On prétend servir la nation, mais on verrouille tout : les médias, les partis politiques, les ONG, la rue. On prétend préparer des élections, mais on repousse le calendrier à l’infini. L’objectif est clair : faire durer la transition jusqu’à ce qu’elle devienne un régime de fait, avec à sa tête un nouveau chef providentiel.
Ce stratagème, les Guinéens le connaissent trop bien. Sékou Touré avait promis l’émancipation. Lansana Conté, la stabilité. Dadis Camara, la rupture. Alpha Condé, le changement. Tous ont fini par confisquer le pouvoir.
Aujourd’hui, le Caporal-chef légionnaire suit la même trajectoire : celle de la personnalisation, de la répression, et de la manipulation du peuple par des « acquis » inventés.
On parle de moralisation, mais les mêmes réseaux affairistes circulent autour du pouvoir.
On parle de justice, mais elle ne s’applique jamais aux proches du régime.
On parle de développement, mais le panier de ménagère est plus vide que jamais.
Même le mégaprojet Simandou, si crucial pour l’avenir du pays, est géré dans une opacité totale, au service d’intérêts obscurs.
À quoi bon proclamer une refondation, si c’est pour reproduire les mêmes logiques de clan, de militarisme, de verrouillage autoritaire ?
Le CNRD en réalité, s’est inscrit dans une vieille tradition de prédation politique, où le pouvoir n’est pas un mandat mais une conquête à défendre coûte que coûte.
Il est temps de cesser d’être naïfs. Le peuple guinéen ne doit plus se laisser endormir par des effets d’annonce. La société civile ne doit pas céder à la peur.
Les voix libres doivent se lever pour dénoncer les dérives du CNRD. Parce que ce qui se joue actuellement, ce n’est pas seulement un retard électoral, c’est la confiscation de l’avenir. Le CNRD ne construit rien. Il se construit. Il ne redresse pas la démocratie. Il la dévoie. Et si nous n’y prenons garde, le Caporal-chef légionnaire rejoindra bientôt la longue liste des chefs qui, sous couvert de transition, se sont emparés du pays pour y régner indéfiniment. Guinéens, levons-nous. L’histoire nous regarde.
Dr. ABDOUL BALDÉ













