GUINEE / QUI RÈGNE PAR LE GLAIVE PÉRIRA PAR LE GLAIVE

Depuis le 5 septembre 2021, la Guinée ne vit plus : elle subit. Elle subit une junte militaire qui a confisqué l’État, piétiné le droit et installé la violence comme mode de gouvernement. Le CNRD n’a pas libéré le pays, il l’a placé sous tutelle armée, bâillonné, terrorisé, humilié.
La promesse de refondation s’est dissoute dans le bruit des bottes. À la place du dialogue : la matraque. À la place de la loi : l’ordre militaire. À la place de la République : la peur.
Arrestations arbitraires, enlèvements nocturnes, prisons politiques, médias muselés. Voilà le vrai bilan d’un pouvoir qui ne tient que par la force brute.
Et pourtant, l’Histoire ne varie jamais. Qui règne par le glaive périra par le glaive. Ceux qui croient gouverner en frappant se trompent lourdement. La violence n’est pas une preuve de puissance, c’est l’aveu d’une faillite politique. Un régime qui cogne est un régime qui panique. Un pouvoir qui réprime est un pouvoir qui a déjà perdu la bataille de la légitimité.
Le CNRD doit entendre cette vérité crue : aucune junte n’a jamais bâti un avenir durable sur la peur. La matraque peut briser des corps, jamais des consciences. La prison peut réduire des voix au silence, jamais effacer la colère d’un peuple. Chaque arrestation injuste, chaque humiliation, chaque coup porté creuse un peu plus la tombe politique de ceux qui gouvernent par la force.
La Guinée n’est pas une caverne. Les Guinéens ne sont des ennemis à mater. Un pays ne se dirige pas comme un commando, et une nation ne se soumet pas éternellement. L’histoire guinéenne est là, sanglante et répétitive, pour rappeler aux apprentis despotes que la brutalité finit toujours par se retourner contre ses acteurs.
Le pouvoir arraché par les armes appelle toujours la chute par les mêmes armes ou par la rue, ou par l’histoire, ou par la honte. Les visages changent, les méthodes se répètent, la fin reste la même.
Qui règne par le glaive périra par le glaive.
Le CNRD peut frapper encore. Mais il ne pourra pas dire qu’il n’avait pas été averti.
Dr. ABDOUL BALDÉ














